CUBA

Une destination pas comme les autres, une atmosphère envoûtante, la joie de vivre, les rencontres touchantes, les vieilles américaines, les calèches, les couleurs qui rendent le pays magique... un conte de fée, une dure réalité, un saut dans le passé qui marque les esprits à jamais.

Havane

Voilà ça y est ... on est le 5 février!
Ça fait des semaines qu’on attendait ce jour. On s’est préparé pendant des mois. Nous avons acheté des livres, regardé des émissions, on s’est inscrit dans des groupes. On croit être prêt, les valises sont fermées. 
Départ Genève, 11h, il neige. Dans quelques heures, on sera au soleil. Sourire aux lèvres, on embarque, bye bye la Suisse, Cuba nous attend !
13 heures de vol plus tard, après une escale à Zürich, nous voici à l’aéroport de la Havane. Il est 18 heures, heure locale. La température extérieure est de 27 degrés. 
Il n’y a pas grand monde, c’est le seul avion qui a atterri. On se dépêche pour récupérer nos bagages. Sur le tapis, les valises passent mais les nôtres ne sont pas là ... Ce n’est pas possible ... on est suisse, on est précis, ordonné. C’est une mauvaise blague! Le tapis continue à défiler, il n’y a plus rien ...
Ainsi commence notre aventure!!!
Une heure plus tard, je me retrouve dans un tout petit bureau. Je remplis des formulaires face à une Cubaine souriante. Elle me rassure. Nos bagages arriveront peut-être le lendemain...
A la sortie de l’aéroport, quelqu’un de l’agence nous attend depuis des heures avec une pancarte. Il nous sourit: « Bonjour, je m’appelle Aurélio, bienvenue à Cuba! ». 
La première chose que je vois c’est une vieille voiture américaine rose. Elle arrive tout doucement. Il faut que je sorte mon appareil photo, je ne veux pas la louper. Et là, elle s’arrête ... Aurelio rigole, on a tout notre temps, c’est notre voiture.
C’est avec cette magnifique Chevrolet des années ‘50 qu’on arrivera à notre première « casa » à la Vieille Havane. 

Habana Vieja Calle Obrapia

Restaurant Obrapia

Trois étages plus tard, on est euphorique ... pas question d’aller se reposer! On veut découvrir le quartier, on veut boire du mojito, on veut écouter de la musique, rencontrer du monde, manger ...

 

Quelques rues à peine plus loin, on trouve un petit bistrot. L’heure est tardive mais le restaurant est ouvert. A l’intérieur des touristes quittent la table, ils ont l’air content. On prend place. Devant nous, il y a un groupe qui joue de la musique, un sapin de Noël est encore décoré, une écharpe du FC Barcelone accrochée au bar, ainsi qu’une de la Juventus et sur le grand mur, une icône majestueuse, l’emblème de Cuba: la photo du « Che ».

Le  mojito coule à flot. Le serveur apporte la carte des menus, on commande une formule « langouste, boissons, café ».

Quelques mojitos plus tard, on a acheté un CD de salsa, c’est la règle, dans chaque restaurant un musicien fait le tour des tables, on se fait tous avoir la première fois. La note arrive, c’est pas aussi bon marché que je croyais mais on a bien mangé. En sortant, on retrouve le chemin de la maison sans problème et on va se coucher, le cœur léger. Demain va être une longue journée.

HAVANE

Habana Vieja

Habana Malecon

Le réveil est difficile. Après la douche, on enfile  les habits de la veille. On n’a même pas de brosse à dents. Dehors il fait chaud. En sortant de la chambre, il y a une grande pièce, et au milieu, la table est prête pour le petit-déjeuner: fruits, pain, beurre, des Thermos en plastique coloré avec du café, du lait, et de l’eau. Après avoir tout goûté, je sors sur la terrasse avec l’employée de maison, c’est une fille sympathique, souriante. Elle me raconte sa vie. La seule chose qui me vient à l’esprit est de lui dire qu’on a perdu nos bagages. Elle a l’air désolée. Ça me fait rire car, ce soir, j’avais prévu d’aller à la Guarida, le resto le plus chic de la capitale et je n’ai rien à me mettre... on verra ça plus tard! Rien ne pourra gâcher ma journée. On est à la Havane, j’ai hâte de la découvrir.

A 9h30, on est dans la rue en bas de la maison et on attend Etienne, notre guide. 

C’est lui qui va nous accompagner toute la journée faire le tour de la ville.

Havane

On commence par la « Habana Vieja ». Après quelques mètres, on s’arrête. « Hola » on avance quelques pas.« Salut Etienne » rebelote, il connaît tout le monde. Tout le monde lui sourit, tout le monde lui parle. Je pense qu’à ce rythme, il nous faudra une semaine pour visiter le quartier.

Havane

Havane

Stan a un gros sac à dos rempli d’appareils photo. C’est ça passion. Ça m’arrange car, pendant ce temps, je peux me concentrer sur toutes les questions que je veux poser au guide. A vrai dire, j’ai aussi mon appareil mais impossible de le faire fonctionner car j’ai oublié la batterie dans la chambre. Je regarde mon compagnon, on se met d’accord: moi je poserai les questions et lui fera les photos.

Commençons par faire connaissance avec notre guide puisqu’au fond on doit passer quelques jours avec lui! Va-t-il nous proposer des cigares contrefaits? Va-t-il nous demander un CUC à chaque fois qu’il nous explique quelque chose? Je suis méfiante. Il va peut-être nous amener dans une rue, nous assommer et nous voler. Pourquoi est-il si gentil? Je n’ai jamais entendu un Cubain s’appeler Etienne: c’est peut-être un faux prénom. Je  rigole toute seule, perdue dans mes pensées. L’inquisition commence. Il me connaît pas mais répond à toutes mes questions. Il était ingénieur et, comme beaucoup de cubains, il était employé d’état. Il l’est toujours, mais a changé de secteur. Aujourd’hui il travaille pour « eco tours » en collaboration avec les agences de voyage, et s’occupe de faire connaître l’histoire de son pays aux touristes. 

 

Ce qui m’intéresse n’est pas la chronique de la « Révolution » ni le nom de toutes les magnifiques églises. J’aimerais découvrir une autre facette de l’ histoire cubaine, celle de son peuple.

Habanero!

Combien gagne en moyenne un Cubain? 

Etienne répond encore une fois: « tu veux savoir la moyenne? 

Environ 13 CUC »

Je suis déconcertée..comment pouvez-vous vivre avec si peu d’argent? Comment pouvez-vous survenir à vos besoins, vous nourrir?

« Viens, je vais  te montrer ». 

Magasin d'Etat

On rentre dans une « bodega » c’est le magasin d’état. Un banc, un comptoir, une vieille balance. Un monsieur est presque assoupi. A notre entrée, il se lève.

J’ai peur de le déranger, le magasin est vide. Etienne demande la « libreta » et il m’explique: « Symbole de l’égalitarisme communiste mis en place par Fidel Castro, c’est un carnet de rationnement distribué dans tous les foyers cubains qui permet d’obtenir des produits de première nécessité à un prix symbolique »

  • Huile: 1/2 litre par personne et par mois
  • Sucre: 6 livres par mois
  • Riz: 5 livres/pers/mois
  • Lait: 1 litre pour un enfant de  moins de 6 ans 
  • et ainsi de suite...

haricots rouges, café, pain et poulet.

 (1 livre = 453 gr. )

Les quantités sont loin de satisfaire les besoins vitaux des cubains.

Stan prend des photos, il me faut la preuve que je ne rêve pas, ce n’est pas de la fiction, ce n’est pas un ragot ni une légende inventée pour escroquer les touristes.

 

C’est  la réalité nue, crue, devant mes yeux.

Magasin d'Etat

Etienne nous fera ensuite découvrir la ville, le Capitolio, place de la Révolution, le Malecon, playa del Este. Il m’apprendra les pas de salsa. Il nous présentera celui qui, pendant 25 ans, fut le garde du corps de Fidel Castro. J’aurais voulu poser plus  de questions à cet  homme. Par respect, je me suis contentée de regarder les photos sur son portable. Toutes avec Fidel, il est fier de lui, de son pays.  Après la mort de Castro, il a perdu son travail. Fidel était sa vie.

 

Dans la soirée, Etienne nous accompagnera au bureau d’Ivan dans le fabuleux bâtiment Bacardi. On fera la connaissance de toute l’équipe qui a préparé et organisé notre voyage. L’agence nous donnera tout le nécessaire pour nos étapes: adresses, numéros de téléphone, vouchers. Ivan nous accompagnera à l’aéroport pour récupérer nos bagages!

Havane


LA GUARIDA 

Lieu de tournage du film “ Fraise et Chocolat “ c’est le plus célèbre “Paladar” ( restaurant privé) de La Havane... Madonna y a fêté son anniversaire et il a été fréquenté par les célébrités du monde entier. Trip Advisor, le Routard, tout le monde en parle. Mais qu’à-t -il donc ce restaurant pour être si connu?

Victime de son succès... 

Avant notre départ j’ai envoyé un e-mail pour réserver. J’y demandais une table “au balcon” plus pour pouvoir fumer que pour autre chose.
La réponse a été très rapide, accompagnée d’un vademecum que j’ai lu attentivement:

Votre réservation a été effectuée pour le 6 février 9h pm.
Veuillez svp confirmer votre réservation  24 h à l’avance ou celle-ci sera effacée. Je vous rappelle qu’en cas de retard, la réservation de votre table sera gardée pendant 15 minutes.  A votre arrivée, vous pourrez en profiter 2h au maximum.

Je résume l’épopée sur place:

Je viens de récupérer mes valises, il est 20h40. J’ai 20 minutes pour me préparer et arriver en taxi dans le restaurant le plus branché de la ville. Je n’ai pas le temps de me maquiller. Je perds 10 minutes pour chercher mes chaussures dans cette fichue valise. Elles ne sont pas là, au secours, je les ai oubliées à la maison. Tant pis, j’irai en tong de plage en espérant que l’on ne me mette pas à la porte. Je prie pour ne pas croiser Brad Pitt ce soir-là. Je veux juste voir la Guarida!
Le bâtiment à l’origine était connu comme “Mansion Camaguey”. C’est un vieux palais bourgeois et baroque, délabré. On rentre par une grande porte en bois. Le premier escalier en marbre est imposant et me laisse sans voix. Une fresque majestueuse de Camilo Cienfuegos se trouve sur la droite.

La "Guarida"

Il faudra monter au deuxième étage pour rentrer à la Guarida. 
Une hôtesse nous accueille à l’entrée du Paladar et nous informe qu’il faudra patienter. Elle nous propose de monter au bar lounge qui se trouve sur une terrasse tout en haut. On y accède par un escalier en colimaçon. La vue est imprenable, on est sur les toits... la Havane devant nous!  On prend un mojito, pas le temps d’en profiter, une sommelière vient nous chercher, notre table est prête. On descend, on repasse dans le couloir étroit. Sur la gauche, une grande terrasse, il fait chaud, très chaud, mais on ne s’arrête pas... on traverse une salle à manger style new yorkais, les lumières sont tamisées. On  continue, quelques pas... et là : stupéfaction! Un tout petit balcon, une seule table recouverte d’une nappe blanche, les services sont en argent, les bougies allumées, un fond de jazz, la vue me coupe le souffle... c’est un endroit magique, tout est parfait!

La "Guarida"

Mon opinion sur la Guarida:
Malgré le cadre atypique et le personnel digne d’un gastronomique européen, la nourriture n’a rien d’extraordinaire. La présentation des plats est assez jolie mais tout est insipide. La note s’élèvera à 90 CUC pour deux entrées, deux plats de résistance, le vin et l’apéro. 
Les cartes de crédit ne sont pas acceptées.
Allez-y pour un apéro et prenez votre repas ailleurs!

HAVANE - LAS TERRAZAS 

 (75 Km. Temps de trajet estimé 1 h 1 min.)

Le 9 février, nous partons à l’ouest de Cuba, dans la vallée de Viñales région de Pinar del Rio.
Les hautes collines escarpées de calcaire émergeant de la plaine portent  le nom de "mogotes".
Les mogotes sont le fruit d’une lente érosion et doivent leur existence à l’effondrement des grottes creusées par l’eau.
Entourés de champs de tabac, de canne à sucre, d'orangers et de bougainvilliers, les mogotes font partie des attractions de la région de Vinales, aussi réputée pour ses petites maisons de bois peintes et ses «casa » de tabac. Avec son ambiance rurale et son paysage à couper le souffle, la vallée de Viñales a été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 1999.

Viñales

Après avoir récupéré notre véhicule, la seule indication qu’on a est de tourner à droite au premier feu rouge. Je suis assise à côté de Stan et je tiens en main une feuille imprimée que l’agence nous a préparé. C’est une sorte de gps écrit. On devrait s’en sortir... je lis attentivement:
« On prend la promenade de front de mer (  Malecon ) tout le long 7 km vers l’Ouest, traversée du tunnel de la 5Avenue, on parcourt 5 km on contourne le rond point, tout droit, 500 mètres rond point, tout droit, une église à notre droite, ensuite un hôtel, palais de congrès... » (J’ai volontairement décidé de copier le texte original pour que vous puissiez vous faire une idée des indications que j’avais devant moi).

Jusqu’à « l’hôtel » on n’a pas eu trop de soucis. Tout semble bien aller mais trouver le Palais des Congrès devient épique. C’est là qu’on doit tourner à droite alors pas question de changer d’itinéraire . On s’arrête, on demande des indications aux passants, on fait demi-tour, on s’arrête à nouveau et on nous renvoie là où on était. La promenade continue environ une heure. En avant, en arrière, à gauche, à droite. C’est une « salsa » routière qui commence à me faire perdre patience. (Téléchargezzzzzzhhhhhhhuuuuaaaaaaahhhhhharghhhhh Maps.me).
Le temps passe ainsi. Désormais je connais par cœur toutes les ruelles et tous les ronds points du quartier. Je me demande pourquoi à l’école on nous apprend l’histoire de Christophe Colomb, des caravelles, et pas où se trouvent les Palais des Congrès du monde entier. A cet instant, je le trouve sûrement plus utile. Si l’on continue à se perdre, je pense qu’il sera possible d’admirer la seule partie restante de notre voiture de location à côté du navire du premier explorateur. J’imagine déjà la pancarte et le descriptif: « Ils voulaient seulement aller à Viñales, ils n’ont rien découvert ces deux idiots» 
Allez  pitié... au fond, Colomb n’a pas découvert l’Amérique en deux heures...
Quand on arrive devant le « Palacio de Convenciones », je me dis qu’on mérite une médaille mais personne n’est là pour nous applaudir. Ce n’est pas grave, on rigole. Je crois avoir eu plus de plaisir à ce moment-là que la première fois que j’ai vu l’enseigne « Tiffany ». Dans la vie tout est relatif!
A l’entrée de l’autoroute, je me crois sauvée. On a prévu de s’arrêter à « las terrazas » aussi classée par l’Unesco, réserve de biosphère, plantation de café, le programme inclus une dégustation « chez Maria », balade à pieds... tout ça au km. 52.
52 kilomètres en Europe, ça équivaut à moins trente minutes de trajet en voiture mais... on est à Cuba.
Je ne sais pas si on a perdu plus de temps à éviter les bosses et les trous ou à freiner pour éviter les obstacles de toutes sortes. Durant les premiers cinquante mètres depuis notre entrée sur l’autoroute, j’ai eu l’impression d’être sur l’une de nos routes principales avec une voix supplémentaire. C’est à ce moment-là que la première charrette traînée par des chevaux a fait son apparition... 

Autoroute

J’ai dû me pincer pour être sûre de ne pas rêver ... cyclistes, piétons, chevaux, vieilles américaines recyclées en taxi, tracteurs, je crois même avoir vu un coq et un bœuf. 

Autoroute

Autoroute

L’apparition possible d’ovnis aux abords de la bande d’arrêt d’urgence, manquante, me paraissait  plausible et même un enlèvement par les extra-terrestres probable. Au fil des kilomètres, plus rien ne m’étonnait. Le seul moment où j’ai eu des doutes sur ma stabilité mentale, c’est quand j’ai remarqué que des dizaines de personnes étaient à l’abri sous un pont, au milieu de l’autoroute, pont qui ne menait à nulle part. A ce moment précis, je me suis dit que j’avais sûrement eu une insolation, et qu’il fallait que je m’arrête à l’ombre comme tous ces gens. Que font-ils? Sont-il suicidaires? Pas du tout...
Je pourrais les définir « courageux » puisque c’est sous les ponts des autoroutes cubaines, qu’ils attendent la « Guagua » leur bus!
Je regarde mes feuilles, voyons ce qui est noté... « km 52, un détour à droite, 5 km , à gauche l’entrée principale du parc ».
Un détour à droiteeeeeee?? On est pile-poil au km 52, il n’y a rien, il faut peut-être continuer... au fond, les cubains ne sont pas au km près. On réduit la vitesse (on s’arrête) sur la droite il y a bien une route, minuscule, en terre battue, des gens y descendent à pied d’ailleurs... et là, un mirage, un panneau : Las Terrazas.
Cool, j’ai mes tong aux pieds, il fait 30 degrés, « chez Maria » je prendrai un café bien froid, glacé!

Las Terrazas

C’est dans cet esprit qu’on arrive au parc. Autour de nous, des touristes partout. Ça me paraît moins drôle du coup, mais Eliza nous attend...
Notre nouvelle guide c’est une jolie cubaine, elle doit avoir une trentaine d’années. Malgré la chaleur elle porte des baskets et un pull à manches longues. Elle me regarde un peu étonnée... 
« Bien », nous dit-elle d’un air timide, « Pour commencer on peut aller là-bas. » Elle nous indique un espèce de bar ouvert. « Je vous offre un cocktail de bienvenue ». Il faudra s’hydrater, notre programme inclus une petite randonnée à la Serafina, ruine d'un cafetal français du XIX siècle. Rien que d’y penser, je me sens fatiguée. Je troque mes tong contre une paire de baskets. Au petit bar, un groupe de musiciens chante « despasito ». Tout le monde boit du jus, tout le monde est de bonne humeur.
La petite balade prévue est de 7 km. Je regarde Stan effrayée... autour de nous, des sentiers grimpants, ce n’ pas mon truc. La dernière fois que j’ai fait du sport, c’était quand j’ai couru pour répondre au téléphone fixe de la maison. Dans l’espoir de se donner du courage, on opte pour un cocktail  alcoolisé. On le boit d’un coup et je mets les choses au clair: « Je ne veux pas mourir dans cette vallée, je suis venue pour boire un café chez Maria et admirer le paysage ».  Je regarde le guide, elle rigole. C’est une fille solidaire. Elle me propose trois kilomètres au plat. 

Las Terrazas

Pendant la promenade Eliza garde son pull pour ne pas bronzer. Elle a la peau que nous, les Européennes, on rêve d’avoir au retour d’un voyage aux Caraïbes: dorée. C’est le monde à l’envers.
Pour les Cubaines, la peau noir rappelle les origines des esclaves issus de la côte Ouest d’Afrique. Eliza veut rester claire. Elle est prête à supporter la chaleur plutôt que de bronzer. On estime qu’entre 700.000 et 1.300.000 d’Africains sont arrivés à Cuba pendant la période de la traite négrière. Ainsi la structure génétique de la population actuelle de l’île est le résultat non seulement de l’histoire mais de différents mélanges entre Amérindiens , Européens et Africains. Aujourd’hui, le recensement cubain classifie la population de l’île en trois catégories : les blancs, les métisses et les noirs. 

Ensuite on ira déjeûner dans un restaurant qui se trouve sur les ruines des fermes françaises de production de café.

Sur la terrasse, la table est prête. 

Las Terrazas Restaurant « Buenavista »

Eliza était prof. de français avant de se convertir en guide. Elle m’a parlé de sa vie, de la communauté, de la solidarité, de la santé, des hôpitaux.. si tu te casses une jambe chez elle, il faut chercher quelqu’un qui a une voiture et qui pourra t’accompagner à l’hôpital. Je lui demande: « Vous n’avez pas d’ambulances dans la région? » 
« Oui, mais il faut qu’elle soit disponible, il n’y en a pas beaucoup et l’hôpital est loin. »

Je lui montre mes photos sur Facebook, elle a de la peine à me reconnaître. Je suis assise devant elle, sans maquillage et les cheveux ébouriffés. On se regarde, on éclate de rire, on se moque de nous. Je retrouve un souvenir lointain, celui de mon enfance. Quand on est enfant, on n’a pas de préjugés. Il n’y a pas de procédure à suivre entre amis, tu peux tout raconter à quelqu’un que tu connais à peine sans penser aux conséquences. Quand moi j’étais petite, il n’y avait pas d’internet. Les copines pouvaient parfois passer à la maison après avoir fait leurs devoirs. On jouait à la marelle, à cache-cache. Avec un bout de bois, on construisait des frondes. Si je n’étais pas sage, on ne me privait pas de dessert. Le dessert à mon époque était réservé exclusivement aux repas de fête. Quand je faisais une bêtise, je n’étais pas privée de tablette mais on m’enlevait la chose la plus importante: je ne pouvais plus aller jouer dehors! 
Pendant quelques heures avec Eliza, les échanges étaient réels, les fous-rires aussi.

J’ai découvert que j’ai encore envie de rire, de faire confiance.
Je me suis rendu compte que le virtuel est bien mais, le plus beau des « partage» peut être fait même au milieu d’une vallée sans réseau. 

 

Sans regrets pour la « Serafina », parler avec Eliza m’a fait parcourir un chemin plus redoutable qu’un sentier malmené, je suis arrivée à mon âme et peut-être à la sienne.

LAS TERRAZAS - VIÑALES

(117 Km. Temps de trajet estimé 1 h 39 min.)

 

Il est environ 16 h et on doit encore parcourir 100 km. pour atteindre notre destination: Viñales. Je reprends mes feuilles gps, j’étudie l’itinéraire, on reprend l’autoroute jusqu’au km. 139. Dans 35 km. nous arriverons chez Daniel et Martha. Cool! Immersion dans une famille cubaine. A ce moment là, je ne sais pas encore que notre nouvelle famille nous sera indispensable les jours qui suivront.
En sortant de l’autoroute, on empreinte une route toute aussi désastreuse que les précédentes, la différence est que celle-ci grimpe. J’allume la radio, je règle la station, ça marche, ça ne marche pas, ça marche, ça fait du bruit ... « Trop de bruit » me dit Stan. Devant nous une vieille américaine dégage une fumée noire. On ne voit pas grand-chose, elle accélère, le bruit augmente. « Veux-tu stp éteindre la radio? Ça ne capte pas ici, ça grésille! »
Je tourne tous les boutons que je trouve, le bruit devient plus fort, ça doit être la climatisation ou alors les pneus...non, non, on doit avoir perdu un bout du pare-chocs. Tatatatata bambambam, le volant commence à vibrer, moi aussi. Il n’y a que des virages, on ne peut pas s’arrêter. 

Voiture de location

Qu’avons-nous faits au Bon Dieu?
Au lieu de partir à Cuba, j’aurais dû choisir une petite semaine à Lourdes avec immersion d’une demi-journée dans l’eau bénite. Que va-t-on devenir? Stan se marre: « Ça doit être la boîte à vitesse... » Très drôle, ah ah ah, j’ai envie de le gifler. Les mecs ne paniquent jamais, à moins d’avoir 36,2 de fièvre. Là pour eux, c’est la fin!
Notre entrée à Viñales n’a pas passé inaperçue. Avant d’arriver à « notre casa particular », on était déjà connu par tous les villageois.

Daniel et Martha ont la cinquantaine. Ils sont propriétaires d’une magnifique maison peinte en vert. 

Casa Particular Martha et Daniel

Les piliers bruns sont de la même couleur que les pots de fleurs, le bougainvillier fuchsia, les volets blancs, aux fenêtres il n’y a pas de vitre, les chaises à bascule rocking-chairs sur la terrasse, la route  devant la maison est en terre battue. Un bruit me distrait, « toc toc toc toc », la poussière se lève au passage d’un homme à cheval. Il a un chapeau comme les cow-boys , des bottes, un cigare à la bouche. En quelle année sommes-nous ? J’ai l’impression d’avoir été catapultée dans une autre époque, dans une autre vie...

Dès la première rencontre avec Martha, j’ai su que quelque chose de magique était en train de se produire. C’était ce qu’elle dégageait, épidermique ou coup de cœur, je ne sais pas. Ça m’arrive rarement. Martha nous a tout de suite mis à l’aise.
Mi casa es tu casa...

Daniel aussi nous a tout de suite reconnus. Il était à la station d’essence à l’entrée du village quand on est passé. Evidemment, avant nous, il a reconnu la voiture qui était à l’intérieur de sa propriété. 
Quelques minutes plus tard, pendant que je fais la connaissance de Martha, de sa belle-fille et du chien, un petit comité se forme dans le jardin. Je regarde stupéfaite ce qui se passe: le capot de la voiture est ouvert, je vois des têtes plongées dans le moteur. Ils sont combien? Je n’arrive pas à les compter mais j’entends leurs voix. Chaqu’un donne son avis: c’est la bielle, c’est l’embrayage, c’est le Saint-Esprit! A la fin la sentence est unanime: on ne peut plus rouler avec cette voiture. Il faut que l’agence de location nous en trouve une autre.
A Cuba, le nombre de voitures de location est inférieur à la demande. Quand une voiture tombe en panne, il est difficile de pouvoir la remplacer dans l’immédiat. A ce moment-là, je me vois passer le reste des vacances à Vinales.
Stan est plus optimisme. On a des assurances. On prendra un taxi pendant toute la durée de notre voyage... mais... les choses se passeront différemment...
Les Cubains ne se laissent pas abattre pour si peu. Daniel s’occupera de tout. Avec  Iran, notre guide de Vinales, ils vont tout organiser. Le lendemain à 13h, une Renault blanche nous attendra sur la place du village. Pendant un moment je me suis même imaginée la bande avec les majorettes qui nous accueillait pour la remise des clefs!

Avec tous ces tralalas, à 20h, on avait déjà fait la connaissance de toute la rue, des voisins, de la famille: sœurs, belle-sœur, enfants...
Quand nous sommes arrivés au patio, tout le monde était bien habillé, les filles maquillées. La table était prête. Si je n’avais pas vu les deux assiettes, j’aurais cru que tout le monde avait été invité à dîner tellement il y avait de nourriture sur la table:
de la soupe, du riz, du poulet, de la salade, des chips faites maison...
Martha passe en souriant. Je suis un peu déçue, on va manger tout seul?
« Asseyez-vous tout de suite », ordonne t -elle en retenant un fou-rire.
« Pourquoi il n’y a que 2 assiettes? »
« Parce que nous », répond-elle, « on mange tous dans la même. On la pose au centre et on se sert. Il n’y a pas de raison de changer nos habitudes. Vous, vous avez chacun la vôtre.»
« Ma chère Martha, si j’avais voulu manger comme à la maison, je serais restée chez moi », je réplique. Elle continue à rire. Toute la famille s’assoit à côté de nous. Je prend une cuisse de poulet. « Regarde Daniel, elle mange comme nous ». Je tourne la tête vexée, « C’est à dire? ». Ma voix est sérieuse...
«  Tu manges avec les mains, nous aussi. »
«  Faux, moi je mange avec la bouche. »
On éclate tous de rire, on devient complices. Le repas terminé, Daniel sort le domino pendant que les femmes rangent.
Le jeu du domino à Cuba est un sport national. Tout le monde joue partout, tout le temps.
J’ai appris que le domino ne consiste pas seulement à aligner des pièces. Il faut avoir une bonne mémoire et être stratège.
Daniel nous apprend les règles, on prend 10 pièces chacun. On joue en couple. Pour commencer je joue avec Martha, Stan avec Daniel.
Mh... on a l’air concentré, on réfléchit... la partie se termine. On sert du rhum. Moi je demande de la piña colada. Prochain tour, le couple qui perd paiera la tournée.
Ah oui?  Avec Stan on est confiant. « Si on doit jouer en couple, que les couples se forment », dis-je en rigolant.
Ce que Daniel et Martha ignorent, c’est qu’avec Stan, avant de partir, on a  acheté un domino. On s’est entraîné pendant des semaines. C’est le moment de mettre en œuvre notre savoir et surtout notre complicité...
« Désolé Daniel, à toi de payer... Si tu es sage, demain, on t’apprendra à jouer. »
Dans la bonne humeur, on va tous se coucher!

Iran
Le matin suivant, après avoir copieusement déjeuné, Iran nous attend. C’est notre nouveau guide. Le programme de la journée est chargé mais personne ne se presse. On vit à un autre rythme...
Notre taxi arrive, c’est une russe « Muscvitch » rouge flambant.

Taxi

Taxi intérieur

A l’ intérieur, un petit ventilateur est accroché au tableau de bord. Je ne peux pas ouvrir les vitres à l’arrière de la voiture. Il fait terriblement chaud.

Iran remarque que des petites gouttes de sueur dégoulinent de mon front. Il me passe une manivelle et, tant bien que mal, j’arrive à baisser un peu la vitre arrière. Je respire à pleins poumons. La poussière remplit l’habitacle, aucune route n’est goudronnée.

 

Iran est l’un des guides du parc national de Viñales. Pour commencer, il nous amène visiter le « campesito ». Comme dans une communauté, les gens vivent ensemble. Un sculpteur taille des racines, les œuvres sont imposantes.

 

 

Viñales

Il y a beaucoup d’arbres. La flore et la faune sont variées. Je m’amuse avec du mimosa pudica. C’est une plante grimpante dont les feuilles ont la particularité de se renfermer au moindre choc. Au toucher, elles se contractent. J’essaie, c’est surprenant, la nature est spectaculaire. Le « tocororo » fait son apparition, c’est l’oiseau emblématique de l’île. Ses couleurs sont les mêmes que celles du drapeau cubain, le blanc, le rouge et le bleu. Il y a aussi des colibris. On est seul, on ne parle plus, on ne fait qu’écouter. Partout ça chante, ça bouge.

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Nous partirons ensuite faire une balade dans la vallée des deux sœurs. On verra le mur de la préhistoire: une fresque de  189 mètres de long et 120 mètres de haut qui représente l’évolution et qui a été voulue par Fidel Castro en personne. On ira manger chez Ana, une paysanne qui a sa petite maison en plein milieu de la vallée.

Viñales

LA FERME TABACULTRICE D’ALEXI

Viñales

Cuba est le pays du cigare. La province de Pinar del Rio, et notamment la vallée de Viñales, possède les plantations les plus réputées du pays.

Cultivé sur plusieurs mois, la récolte des feuilles a lieu au mois de mars et ne se fait pas en une seule fois. La première cueillette concerne les feuilles de la base de la plante (Mañanita) qui seront destinées à la fabrication des mini cigares cubains. La deuxième récolte sera effectuée une semaine plus tard et sera celle des feuilles du dessus de la base (Libre de pie).

A quelques jours d’intervalle suivront celles du milieu de la plante (Uno y medio) puis celles du sommet (Corona).

La récolte est toujours faite à la main par les hommes. Les feuilles seront ensuite transmises aux femmes qui, à l’aide d’une aiguille, les rassemblent en liasses sur une ficelle. Elles seront ensuite accrochées sur des poutres à l intérieur du « séchoir » (casa de Tabaco) pendant deux mois. Le séchage terminé elles seront expédiées, dans des caisses, vers les fabriques qui effectueront les ultimes opérations de fermentation, fumigation, écôtage, dosage et roulage.

Un cigare fini comprend trois parties: la cape, le corps, le pied.

Plusieurs options se présentaient à moi lors du choix des destinations de mon voyage: non seulement les lieux, mais aussi les moyens de transport durant les visites... balade à pied, à cheval mais surtout à vélo.

Après une longue réflexion (5 secondes), je choisis celle qui me semble être la plus adaptée pour rejoindre les plantations de tabac. Je vous laisse imaginer la « tête » de Stan quand j’ai interrompu la séance photo des deux bœufs et lui ai dit qu’il pouvait continuer seulement après avoir pris place dans la charrette . Soudain pris d’ une forte envie de m’étrangler, il prend place à l avant assis à côté du conducteur. A l’arrière, des chaises tenues par des cordes sont fixées sur les planches du char. Je m’installe confortablement... les bœufs démarrent.

Je profite du soleil. Iran est à côté de moi, les animaux avancent en courant. Ils connaissent le chemin, c est celui de leur maison.

Vallée du Silence

Charrette

 

Je pense que depuis que je suis arrivée à Cuba, je n’ai pas encore mangé de la viande de bœuf... 

Il est interdit à Cuba de tuer les vaches, sous peine d’emprisonnement. Les animaux appartiennent à l’Etat et sont toutes marquées au fer rouge. La viande des bovins est réservée aux touristes et la vente privée est interdite.

Je pense à toutes les choses que l’on trouve si facilement chez nous. Aux hypermarchés où je me rends toutes les semaines, aux banalités que je mets dans le caddie, à tout ce qu’on appelle « recyclable » et qui nous permet d’acheter du neuf sans se sentir coupable. Je me demande si on est plus heureux que ceux qui n’ont droit qu’à un litre de lait par mois. Où se situe le juste milieu dans deux pays si différents?

Iran m appelle. On est arrivé à la plantation. Tout le monde joue aux dominos... la réponse me paraît évidente...

C’est le cousin d’Alexi le « Veguero » qui nous accueille.

Nerys

Viñales

Les plantes de tabac sont déjà hautes à cette saison, les feuilles d’un vert intense. Dans quelques semaines la récolte commencera et toute la famille sera occupée.

Le tabac sera vendu au gouvernement. Ils pourront en garder seulement une petite partie pour leur usage personnel.

Après  nous avoir expliqué tout le processus, nous avons droit à une petite démonstration de la fabrication d’un cigare. Je regarde attentivement mais aucune cubaine n’arrivera pour rouler un cigare sur ses cuisses. Les miennes ne sont pas assez fermes... c’est peut-être être une légende..

Torceador

Sur la grande table en bois, il y a du miel, quatre cigares viennent d’être allumés, les verres sont remplis de rhum, la vie est belle... Quel jour sommes-nous? Il nous reste 10 jours avant de quitter le pays. Si je continue à ce rythme, en rentrant, je finirai aux alcooliques anonymes. Mais avant tout ...il faudra remonter sur la charrette!

La soirée « Langouste »

Langouste

Cuba est le pays de la langouste. Plat incontournable, elle est cuisinée à «  toutes les sauces », son prix variant selon la saison et le restaurant (12 à 20 CUC).

Langoustes

C’est notre dernière soirée chez Martha et Daniel.

Après être rentrés de la plantation, nous nous sommes tous retrouvés au patio. Iran  est resté avec nous. Nous avons discuté de Cuba, de l’Europe, de mon aspirateur robot. Ils n’ont jamais vu ça et ils ont de la peine à croire que la technologie soit si avancée. Daniel pense que Martha serait ravie d’en avoir un. Une «Casa particular» n’est pas de tout repos... Je lui explique que cet engin se déplace en avant et en arrière pendant une heure pour aspirer cinq mètres carrés et qu’en passant sous les meubles, il reste coincé et s’arrête car la batterie ne tient presque plus. «Si j’ai bien compris» dit Daniel « c’est une perte de temps et d’énergie ». On rit. Je sors mon portable et je mets une note dans la rubrique des choses importantes : « acheter un balai » . 

Je regarde autour de moi, j’aimerais imprégner ma mémoire et y graver tout ce qui m’entoure.

Le jardin est soigné, les orchidées en fleurs accrochées aux arbres.

Jardin Martha Viñales

J’ai l’impression d’être à la maison chez grand-mère en Italie. Quand elle était en vie, j’y allais souvent... la famille se réunissait, les amis se joignaient et on mangeait tous ensemble au jardin.

A des milliers de kilomètres, j’ai retrouvé le bonheur du partage avec une famille qui n’est pas la mienne. Je pense à mes enfants, ils me manquent. C’est quand la dernière fois que je les ai invités pour dîner chez moi? 

Une senteur de crustacés se propage dans l’air. Retour à la chambre, pour cette dernière soirée, je veut être au top!

« Tu n’as pas de foehn? » 

Martha regarde mes cheveux. Ils sont mouillés et me dégoulinent le long du dos. 

« Viens » me dit-elle, « on va arranger ça ».

Je lui explique que les sécher prend énormément de temps avec une prise à 110 V. J’ai même un lisseur à vapeur mais Stan était tellement pressé... J’avais beau lui expliquer que la langouste ne risquait pas de retourner « à pied » dans l’océan, qu’elle était déjà grillée, mais il n’a rien voulu entendre...

Un lisseur à vapeur? Dix Minutes plus tard toutes les femmes présentes, s’alternent en lissant l’une les cheveux de l’autre.

Stan et Daniel se regardent solidaires. Maintenant ils ont la certitude que les femmes restent fidèles à elles-mêmes dans tous les pays du monde!

VINALES - PÉNINSULE DE ZAPATA

(355 km. Temps de parcours estimé : 4h20 min.)

Au sud de Cuba, dans la mer des Caraïbes, la péninsule de Zapata fait partie de la province de Matanzas.

La péninsule est une vaste zone marécageuse, réserve naturelle, paradis des oiseaux et bien sûr des crocodiles qui sont ici « chez eux ».

Moins courant les cochons, qui ont donné leur nom à la baie tristement connue, où a eu lieu le débarquement des opposants à la révolution cubaine avec l’aide matérielle de la CIA pour tenter de renverser le régime « castriste » le 17 avril 1961.

La baie des Cochons (playa Girón) n’est pas seulement connue pour son histoire mais aussi pour ses plages, ses criques, ses piscines naturelles qui font de la région le paradis des plongeurs.

Curiosité : chaque année un phénomène naturel et  insolite se produit entre Playa Larga et Playa Girón, la migration des crabes de terre.

Entre avril et juillet (cette année, déjà en mars) la route est envahie par des milliers de crabes qui vont pondre leurs œufs dans la mer avant de revenir sur terre. Le spectacle est surprenant. Avis aux touristes: attention aux pneus!

Migration dès crabes

Les adieux furent touchants avec notre famille de Viñales. De toutes les belles rencontres, le moment que je crains le plus c est le départ. Martha pleure quand je monte dans la voiture, je ne veux pas me retourner, je sais que c’est juste un au revoir. Un jour je reviendrai!

Pour arriver à Playa Larga, nous devons parcourir 355 kilomètres, ce qui correspond à plusieurs heures de voiture.

Sur le chemin, on s’arrêtera plusieurs fois. Longeant  la mer des Caraïbes, je n’ai qu’une seule envie: enfiler mon costume de bain et plonger dans l’eau turquoise. On est presque arrivé à destination, sur notre chemin une pancarte indique «  élevage de crocodiles », nous décidons de nous arrêter.

Je n’ai pas encore ouvert la portière de la voiture quand une femme s’approche et me demande un CUC pour parquer. Le parking, dit-elle est payant et elle s’occupera de surveiller la voiture et nos bagages qui sont sur la banquette arrière.

On est au milieu de nulle part, seul. Je pense qu’à part l’attaque d’un croco, la voiture ne risque pas grand-chose. A cette pensée, j’ai des frissons... sont-ils en liberté? J’ai entendu qu’une touriste s’était fait attaquer. Pourquoi n’ai-je pas choisi des vacances ordinaires au bord de l’Adriatique? Si je m’en sors vivante, l’année prochaine, j’irai à Riccione, promis!

10 CUC plus tard, un monsieur nous accompagne à l’entrée de l’élevage.

Dans des enclos, sur un sol bétonné, des centaines de crocodiles sont classés par âge.

Élevage crocodiles Zapata

Les crocodiles sont carnivores et cannibales, ils se bouffent entre-eux.

Des trous dans les treillis des enclos nous permettent de faire des photos. Tiens!Certains ont la bouche ouverte. Je pense qu’ils doivent avoir tellement faim qu’ils attendent que quelque chose leur tombe dans la bouche... je serre mon téléphone de toutes mes forces. « Señorita, tranquila! Les crocodiles sont des animaux à sang froid, leur température corporelle varie selon les facteurs externes. Quand ils sortent de l’eau et se reposent sur la berge, ils gardent la bouche ouverte. C’est une technique de refroidissement qui permet l’évaporation de l’humidité ». 

« Ok, ok, mais vous en faites quoi quand ils deviennent grands? »

« On les relâche, ici c’est un parc protégé! »

Si je n’avais pas eu les mains qui tremblaient, j’aurais écrit une nouvelle note sur mon téléphone: « Dès le retour, s’inscrire à un cours de yoga. Voir sur Google techniques de respiration qui permettent de se calmer instantanément » mais là j’ai seulement mon training autogène et je répète mon nouveau mantra: « Ils ne vont rien te faire. Regarde comme ils sont mignons! Pense à toutes les chaussures qui seront fabriquées avec! »

Élevage crocodiles Zapata

Avec beaucoup de regret...

Mon technique de persuasion m’a tellement bien calmée que j’ai même fait une photo avec un petit crocodile sur les épaules... arnaque à touristes... plus jamais!

 

On reprend la voiture ainsi que notre chemins. Au bord de la route, des centaines de mètres plus loin, je vois un visage familier.

« Elle n’était pas sensé surveiller nos bagages celle-là ? » 

« Fallait pas payer avant » dit Stan en rigolant. J’ai envie d’ouvrir la portière et de l’assommer... escroqueuse!

« Dis-moi... tu crois que c’est encore loin jusqu’à Playa Larga? »

Je regarde Stan qui conduit. Il n’y a qu’une seule route devant nous, elle me paraît infinie.

«  Je ne sais pas, j’ai oublié de mettre le compteur à zéro en partant. Es-tu fatiguée ? » 

« Non mais j’ai besoin de faire pipi! »

A Cuba, les toilettes publiques sont derrière les arbustes, en pleine nature... 

«  Pas de souci, je m’arrête, vas-y »

Il n’y a que des marécages.. Merci Stan, pour rien au monde, je m’enfilerais là-dedans. Je préfère la boîte à gants, les crocodiles ne m’auront pas!

 

Dans la bonne humeur et avec la vessie pleine, on arrive à Playa Larga.

Playa Larga

Playa Larga - Playa Giron

Parler des plages de Cuba serait facile. On a tous vu des images avec l’eau cristalline, les palmiers, le sable blanc et les immenses coquillages... des plages de rêve.

Mais moi je n’ai pas écrit ce texte pour vous faire rêver, enfin... si un tout petit peu quand même.

Je ne veux pas m’étaler inutilement...

Playa Larga, c’est une belle plage mais si vous voulez plonger dans de l’eau turquoise et faire du snorkelling, arrêtez-vous sur le chemin qui amène à Playa Girón.

Route Playa Giron

Route Playa Giron

CALETON

Il commence à faire sombre et on doit chercher la casa particular que l’agence nous a réservée pour la nuit. Arrivés à Caleton, on demande aux locaux. Personne ne semble savoir où elle se trouve.  (Ils n’ont pas su nous dire où était la maison que l’on cherchait mais j’ai appris que, ce soir, il y a une fête au village, que le gérant d’un bar de Playa Larga y sera, qu’on y danse la Salsa et qu’il y a une zone wifi ) 

 Par déduction logique, s’il y a un port il y a la mer...

On quitte la route principale et on empreinte une ruelle latérale parmi les autres qui se trouvent à notre gauche. 

Quand on arrive à la « Casita » je reste bouche bée...

 

Caleton

La maisonnette a deux chambres indépendantes et est située face à une toute petite baie.  Des bateaux de pêcheurs sont amarrés à côté d’un minuscule ponton. Je contemple le coucher de soleil qui se reflète sur l’eau.

Le dîner sera servi sur la terrasse.

Le soir on ira à la fête au village. On arrivera enfin à télécharger Maps.me.

Caleton

Caleton

La Casita du Port

En quittant Caleton, j’ai un petit pincement au cœur. 

Le matin, je me suis levée très tôt et je suis allée me balader à la plage. Elle est juste à côté de la maison. Il faisait encore frais, le jour se levait.

J’ai marché nu-pieds sur le sable, le bruit des vagues me berçait... J’ai admiré l’horizon, ciel et mer se confondaient, mon esprit et mon cœur aussi. En revenant vers la casita, j’ai vu Stan en train de faire des photos. Tous les deux, on voulait profiter des derniers instants, seuls...avant que les rares  touristes présents ne se réveillent.  Notre regard se pose sur un bus délabré, les couleurs sont fanées par le soleil... il est abandonné au milieu d’un paysage irréel.

Caleton

Mon opinion:

Caleton est un petit village de pêcheurs. Je regrette de ne pas y avoir séjourné deux nuits. Il n’y a peut-être pas grand chose à visiter mais c’est un lieu magnifique pour se reposer. A 200 mètres de la casita, il y a une plage, des bars ouverts la journée, les maisons avec des bougainvilliers et plein de petits trucs surprenants à découvrir si vous vous baladez à pied.

Caleton

PLAYA LARGA - TRINIDAD

(197 km. de bonheur)

Trinidad

Trinidad est située au centre de Cuba, dans la province de Sancti Spiritus.

Fondée en 1514 par le conquistador espagnol Diego Velázques de Cuéllar, la ville a prospéré grâce à la culture de la canne à sucre. Avant que les guerres d’indépendance ne viennent interrompre subitement la production, le tiers du sucre cubain était produit ici. (Vallée de Los Ingenios).

Sa population était estimée à 51994 habitants en 2005.

Avec son architecture coloniale, ses rues pavées et ses maison colorées, le centre ville est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1988.

Aujourd’hui c’est un des lieux  touristiques les plus réputés de l’île.

Avant mon départ, Trinidad est la ville qui m’a fait le plus rêver. 

Aujourd’hui , je n’ai pas hâte d’y arriver, je veux profiter de chaque moment. Maintenant qu’on a réussi à télécharger notre application, on peut choisir le parcours qui nous convient le mieux.  On décide de longer la mer des Caraïbes jusqu’à Playa Girón. La mer est magnifique à cet endroit, la couleur de l’eau change sans arrêt en passant du bleu clair au turquoise.

Des dizaines de palmiers aux troncs presque lisses bordent la route à notre droite. Ce palmier peut atteindre une hauteur de 25 mètres. Il a un port élégant qui justifie son nom : Palmier Royal, c’est l’arbre national de Cuba.

Les heures passent. Au loin les montagnes apparaissent, on s’approche de Trinidad.

Vers Trinidad

Casa Particular Trinidad

Notre nouvelle casa est d’un style colonial. On n’a pas pu y accéder avec la voiture qui est resté parquée un peu plus bas, surveillée «  jour et nuit » par une vieille cubaine qu’on devra payer. (Sûrement de la même famille que celle qui nous avait surveillé la voiture aux élevages des crocodiles).

Les marchés artisanaux envahissent les ruelles pavées. Derrière les garde-corps fixés sur les fenêtres des maisons colorées, assis sur des chaises à bascule alignées, les familles regardent la télé.. Suspendue à l’intérieur de chaque maison, une vieille cage métallique avec des oiseaux. 

Trinidad est un incontournable lors d’un voyage à Cuba. Malgré tout, c’est la ville que j’ai le moins aimé. Elle est remplie de touristes.

Après avoir fait un petit tour, on s’éloignera du centre qui est tout aussi beau mais désert.

Trinidad

Trinidad

Trinidad

Vallee de Los Ingenios

Train

Vallee de Los Ingenios

TRINIDAD - CAIBARIEN

(184 km. Temps de trajet estimé 2h52 min.)

Pour la fin de notre séjour nous partons en direction de Cayo Santa Maria.

Le Cayo se trouve au large de la côte nord, dans la province de Villa Clara et est relié à l’île principale de Cuba par un pont jeté de 48 km. à partir de la ville de Caibarien.

Cayo Santa Maria, avec Cayo Las Brujas et Cayo Ensenachos font partie de l’archipel Jardins del Rey.

Du 8 au 10 septembre 2017, l’ouragan Irma a frappé la côte nord de Cuba, laissant derrière lui d’importants dommages. Toutes les infrastructures des Cayos ont été immédiatement fermées. Le pont a été endommagé à plusieurs endroits et devenu impraticable. Des employés des hôtels ont participé aux efforts de nettoyage et de réparations. Ils ont été transportés dans les cayos par bateaux et catamarans.

Aujourd’hui tout est réouvert. Seule trace d’Irma: des dizaines d’arbres déracinés encore couchés depuis la ville de Remedios (village avant Caibarien) jusqu’aux... jardins des hôtels à Santa Maria.

Sur la route...

Depuis Trinidad pour rejoindre la petite ville de Caibarien, il faut traverser l’île du sud au nord. Plusieurs itinéraires sont possibles. Vous pouvez choisir de passer par Santa Clara, ville notamment connue pour ses monuments emblématiques de la Révolution et le Mausolée du Che Guevara.

Nous, nous décidons de mettre au défi Maps.me qui, jusqu’à présent, s’est montré tout aussi efficace qu’un navigateur quelconque.

C’est là qu’on a découvert la vraie Cuba. Des routes tellement malmenées où on roulait à moins de 10 km/h...

Des paysages idylliques, des gros vautours posés au bord des champs, des rivières...

Il nous est arrivé de nous arrêter et de descendre de la voiture avant de traverser un pont. Pendant que Stan prenait la photo moi je priais: «  Seigneur, fait qu’il ne s’écroule pas sous le poids de notre voiture et de tous les kilos que j’ai pris en buvant de la Piña Colada »  ... 

Sur la route...

Notre parcours

Notre parcours

Notre parcours

Remedios

Quand on est arrivé à Caibarien, on a cherché « Renta Car » car il fallait rendre notre voiture de location.

On a pris un taxi, qui nous a amené à notre hotel : Starfish Cayo Santa Maria.

 

Caibarien

Caibarien

Avant chaque voyage j’ai la « mauvaise » habitude d’aller guigner sur YouTube l’hôtel que j’ai choisi. Bof, bah, rien d’extraordinaire... je me disais que ç’était un vieil hôtel. Sur les cinq étoiles promises, au moins deux doivent être « filantes » ...

Je fus agréablement surprise, l’hôtel est plus joli que ce que j’imaginais.

La plage est magnifique...

Seule note négative: le buffet. Tous les plats sont froids. Il y a un très beau restaurant à la carte mais il faut réserver le matin, n’hésitez pas.

Cayo Santa Maria Plage Hotel Starfish

Cayo Santa Maria

Cayo Santa Maria

Cayo Santa Maria

CAYO SANTA MARIA - HAVANE

(420 km. Temps estimé en car 7h de trajet)

Après avoir profité du soleil et de la mer, il est temps de rentrer à La Havane.

 

Le dimanche après-midi, devant l’hôtel, on attend le car qui nous ramènera à la capitale. Le même fera le tour de tous les hôtels du Cayo pour récupérer les touristes qui repartiront dans leurs pays depuis l’aéroport de La Havane.

C’est un grand car avec tout le confort, grands sièges, climatisation, télévision... Seules les toilettes à l’intérieur sont fermées.

( j’ai laissé ça pour la fin mais  là je vais en parler )... 

A Cuba (comme dans les pays asiatiques) il est interdit de jeter le papier de toilette dans les WC. Si vous le faites, tout se bouche.  

 

On arrivera très tard le soir à La Havane. Le lendemain, pour notre ultime journée, on se baladera en attendant que notre taxi nous accompagne à l’aéroport trois heures avant le départ de notre avion.

Havane

Havane "Floridita"

Havane

SWISS EDELWEISS 

J’ai choisi notre compagnie nationale pour ce voyage car, en partant depuis Genève, il n’y a qu’une seule escale à Zürich. Le vol depuis Zürich est direct jusqu’à La Havane, de même que le vol du retour qui durera 11 heures, deux de moins qu’à l’aller.

Je me suis sentie plus escroquée par mes compatriotes et leur compagnie que par les Cubains.

 A l’aéroport de La Havane, seul deux guichets étaient ouverts pour le check-in. 

400 personnes attendent en file indienne...

Après une attente interminable, notre tour arrive... On pose la première valise sur le tapis et, pendant que l’on donne nos passeports, on nous fait signe de poser la deuxième.

Petit problème... nos valises dépassent  le poids autorisé par Edelweiss qui est de 23kg. au maximum par bagage.

La balance, à ce moment-là, affiche 24 kg. Je me dis que la première valise a déjà été pesée.

On nous informe que Edelweiss facture 120 Fr. supplémentaire par bagage. Si on veut embarquer on doit donc débourser 240 Fr. et il n’y a pas de possibilité de payer avec Visa, ni avec une carte bancaire... 

Comment faire...? 

Pendant 3 minutes j’hésite à ouvrir ma valise et à balancer à la tête de ce «  gentil » monsieur tout le linge sale que j’ai.

Je suis vraiment fâchée. D’abord on nous perd nos valises et, maintenant, ils essayent de nous dévaliser...

Je renverse tout l’argent qu’il nous reste sur le comptoir...

79 CUC. 

Soudain, avec un air résigné l’employé du guichet murmure:

« Ok...donne-moi 80 .... » 

Je vais péter les plombs. Stan commence à se fâcher... Je me dis qu’on va finir nos jours dans une prison d’état.

Je vais voir si quelqu’un a un CUC à me donner... c’est la seule solution.

« Señorita... c’est bon, je mettrai un CUC de ma poche. Allez-y! » il me fait un coup d’œil et on avance.

 

En arrivant à Genève, je suis encore fâchée. J’espère que, cette fois, nos valises ne se feront pas attendre. (Tiens... ce sont les premières! Elles ont même une étiquette « PRIORITAIRE »)

 Ohhhh le couple qui était dans le même avion que nous quand on est parti pour les vacances est là: «Bonjour, comment ça va? »... Je ne peux pas m’empêcher de leur demander s’ils ont dû payer un surplus vu qu’ils ont de la peine à avancer avec leurs valises.

« Payer?.... le tapis de la balance ne fonctionnait pas. Vous n’avez pas remarqué? Quand j’ai posé le petit sac à dos de ma fille, le poids affichait 24 Kg »....

 

Au revoir Cuba... tu vas nous manquer!

Cayo Santa Maria

INTERNET 

En arrivant à Cuba, il vaut mieux désactiver les données de notre portable européen, sinon le risque est de recevoir une facture très salée.
Pour rester en contact avec la famille, j’ai utilisé les sms.
Dès votre arrivée, l’opérateur vous fournira automatiquement les coûts pour chaque appel et message.

En me baladant sur l’île, j’ai repéré des lieux où des dizaines de personnes trafiquent avec leurs portables (c’est comme ça que vous vous apercevrez que vous êtes dans une « zone wifi »).

Zone Wifi

zone wifi

A mon tour, j’ai essayé de me connecter. Pour la “bonne” nouvelle mon portable a trouvé tous les réseaux wifi disponibles, pour la “ mauvaise” ça marche seulement si on est en possession d’une carte que l’on achète chez « ETECSA NAUTA ».
Si vous possédez la carte, il faut gratter la bande argentée et insérer les codes dans la page qui s’ouvre sur votre téléphone (identifiant et mot de passe).
Pour  surfer 1 heure, le coût est de 1 CUC.
On peut acheter au maximum trois cartes par personne en donnant une pièce d ´identité. 

LES PRISES ELECTRIQUES

On trouve des prises 110V mais il n’est pas rare de trouver du 220V.
Les prises de courant sont à fiche plate, prévoyez un adaptateur.
Une bonne astuce que j’emploie est d’amener avec moi une multiprise que je branche à l’adaptateur pour ainsi charger tous les appareils en une seule fois. 


Pour la suite de notre voyage, nous avons loué une voiture. Je crains un peu la route car j’ai lu tout un tas de choses pas très rassurantes:
⁃ En cas d’accident, on risque de ne pas pouvoir quitter l’île tant que tout ne sera pas réglé. Risques d’emprisonnement.
⁃ Les routes sont pleines de trous et il faut des heures pour arriver à destination.
⁃ Des faux policiers peuvent arrêter les touristes pour tout leur voler.
⁃ A Cuba on ne peut pas se repérer car il n’y a pas de panneaux qui indiquent la route.


VRAI AU FAUX

LA LOCATION VOITURE

Louer une voiture est un excellent choix car on voyage d’une façon autonome. Au moment de la prise en main du véhicule, on vous demandera de signer le contrat de location et de verser un montant de 200 CUC en espèces.  La garantie sera restitué à la remise du véhicule.
La location prévoit un seul conducteur. Pour le conducteur additionnel, comptez 3 CUC supplémentaires par jour.
En général, on vous donne la voiture avec le plein d’essence que vous devez payer à part ( pour l’essence on a pu payer avec Visa).
On vous expliquera, à ce moment-là, qu’ils ne rachèteront pas le carburant restant dans le réservoir à la remise de l’auto. Vous pouvez la rendre avec un réservoir vide. 
Les stations d’essence sont rares et les distances à parcourir longues. Nous, à chaque fois qu’on en voyait une, on faisait le plein.
On a donc rendu une voiture avec un réservoir quasi plein ( il manquait 10 L ) 
Le prochain client paiera 72 CUC à l’agence de location qui empochera la quasi totalité....et ainsi de suite. L’escroquerie est assurée, malin n’est ce pas? Mon conseil: avant le « grand » départ, calculer à l’avance les distances et les km. à parcourir.


Le Drop off n’est pas inclus. Pour une voiture louée à la Havane et remise à Caibarien, il faudra compter 35 CUC de frais. Si vous la rendez à Santiago comptez 150 CUC.

Un vrai policier n’est jamais tout seul pour verbaliser une effraction. Ils sont toujours deux, sauf s’il est à moto.
Si on vous arrête, ne payez jamais comptant. Demandez au policier de vous verbaliser et d’envoyer l’amende à l’agence. Il ne pourra pas refuser. Vous aurez la garantie de ne pas avoir payé à un fraudeur.
A Cuba, vous pouvez vous arrêter pour demander des renseignements aux locaux. Les Cubains sont serviables et ouverts mais attention: au bord de la route, ils essayeront de vous convaincre de les laisser monter dans la voiture pour vous indiquer le chemin. Mieux vaut être prudent!
Appelez votre agence si nécessaire, ils sont là pour vous conseiller et vous assister.
Gérez bien votre temps car la nuit tombe tôt à Cuba et vu les trous sur les routes, mieux vaut rouler quand il fait jour.
Les panneaux avec des indications sont rares. Les voitures n’ont pas de GPS car c’est interdit. Il existe une application ( Maps.me) qui  permet d’accéder aux cartes du monde entier depuis tous les  portables Androïd/iOS, et tout ça sans être connecté. Téléchargez l’application avant de partir, c’est un outil indispensable!